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Je ne suis pas une personne qui fait les choses à moitié. Encore moins lorsque ça concerne le football.

Chaque semaine, en plus de mon travail, je met beaucoup d'énergie et de temps à préparer tes séances d'entrainements, à prévoir mon équipe du week-end et surtout à essayer de trouver la bonne formule pour gagner.

Cette formule est remise en question chaque samedi soir. Car je dois composer avec les absents, les suspendus et les blessés mais il ne faut pas oublier les joueurs à cours de forme ou en manque d'investissement.

Le plus dur est la gestion du groupe. Selon ce que tu vas faire ou dire, il y aura toujours des mécontents, des insatisfaits et d'autres qui pensent qu'ils feraient mieux que moi. C'est posible, je suis loin d'être irréprochable.

Je ne suis pas un homme prétentieux mais je pense que peu d'entraîneur, à notre niveau (excellence), s'investissent autant que je peux le faire. Il m'est arrivé de nettoyer les maillots ou de nettoyer le vestaire avant que les dirigeants et joueurs arrivent. Je fais filmer nos matches pour travailler la vidéo et parfois fais filmer notre prochain adversaire. J'essaye de ne rien laisser au hasard. 

J'aime avoir un groupe solidaire et j'aime qu'on joue au ballon.

Je suis un passionné, j'adore ce sport. Il me fait comprendre que je suis vivant.

Je râle, je crie, j'encourage, je suis heureux et parfois malheureux. Il y a par moment de la frustration ou de la colère mais aussi beaucoup de joie. Il m'est même arrivé de pleurer. Pas seulement enfant. 

Quand tu t'investis chaque jour, chaque semaine pour essayer que ton équipe, tes joueurs soient les meilleurs et pour rendre cette confiance à tes dirigeants, forcément il y a des moments où l'émotion te submerge. 

Chaque semaine même rituel :

La semaine commence toujours dès que je suis sur mon canapé à la maison après un match du samedi soir. Je pose mon sac, prend un truc à manger, allume la télé.... Et je refais le match dans ma tête. L'analyse complète. Mes choix, mes erreurs mais aussi le comportement et le niveau de chaque joueur, les points positifs et négatifs car dans la victoire ou dans la défaite il y a toujours des bonnes choses et d'autres moins.

Je n'arrive pas à dormir. Impossible. La tension a été trop grande pendant toute la journée. Oui, toute la journée car pour moi le match commence dès mon réveil. Je pourrais même dire que le match commence pour moi dès le lundi. Mais bon le samedi c'est le jour J, donc la pression monte.

Je me réveille toujours en me disant "Putain ce soir faut gagner". Après je m'occupe l'esprit en m'occupant des enfants ou en allant faire les courses. Si je ne fais pas cela je tourne en rond.

Après le repas, je me met devant "Match of the day" et je répète mon discours d'avant match dans ma tête juqu'au moment où je m'endort 20-30mn. Ensuite après ce repos bien mérité (ou pas), c'est le moment de mettre par écris ma compo et les consignes. Je terminerais par faire mon sac au dernier moment avec la musique sur les oreilles.

Départ pour le match où je continue à répéter mes gammes dans ma tête. Arrivé au stade j'essaye de tout préparer en alternant avec des passages aux toilettes. Car le jour du match la maldie prend le dessus et je vais au moins 6-7 fois au toilettes dans la journée. Puis on termine par, forcément, l'échauffement le match et la victoire ou la défaite.

Donc je rentre du match, prend un petit encas, met  l'équipe21 et me pose dans le canapé pour réflechir à tout ce qui viens de se dérouler pendant 90mn, puis je décide d'aller dormir un peu. Il est entre 4 et 6h du matin, et encore je m'efforce d'aller au lit. L'analyse n'est toujours pas terminée. Le dimanche est soit le jour où je me laisse kiffer tranquille après une victoire, soit reprendre le match de A à Z jusqu'à temps que mon cerveau n'est plus rien à analyser. Là, j'ai quelques heures de repos jusqu'au lendemain.

Le lundi c'est le début du travail pour le prochain match. D'abord réfléchir à comment construire sa séance du mardi et du vendredi. Ce qui est loin d'être facile. Il faut proposer une séance attractive, qui donne envie aux joueurs sans oublier la partie travail car on ne peut pas se contenter de satisfaire les gars.

Et surtout le lundi soir, voir le mardi matin, tu envoies un message aux joueurs pour bien rappeler qu'il y a entraînement même si il fait froid, qu'il pleut ou qu'il y a la Ligue des Champions. Mais va faire comprendre à certains que tu à passer des heures sur ta séance, que tu as 1h de trajet aller/retour et que tu vas aussi, comme eux, te geler les couilles mais que toi tu ne cours pas pour te réchauffer. Et que toi aussi tu bosses le lendemain.

Je viens, même pour 4 joueurs parfois. Je vais râler ça c'est sûre mais au moins je rentre chez moi avec la satisfaction de ne rien lâcher et de montrer l'exemple.

Donc mardi entraînement puis mercredi début de la reflexion sur les joueurs à prendre pour le week-end. En prenant en compte les infos habituelles (blessures, suspension, ...). Souvent dès le mercredi j'ai mon groupe en tête sauf absences de dernière minute. Je sais aussi quelle équipe je vais aligner (à 1 ou 2 joueurs près). Le jeudi c'est la concertation avec mon adjoint par texto où on est assez souvent d'accord. Puis communication avec Billy, coach de l'équipe 2, pour qu'il connaisse les joueurs mis à sa dispostion.

Le jeudi soir je peaufine ma séance et organise le spécifique gardien. Et enfin le vendredi c'est entraînement puis annonce des convocations avec par moment des choix difficiles à prendre. C'est difficile de voir la déception ou la colère d'un joueur surtout quand tu apprécies vraiment tous les mecs. Mais tu ne peut pas faire de cadeaux, c'est le groupe qui prime.

J'ai oublié de dire que le samedi je me regarde toujours un reportage sur le sport. Ca me permet d'avoir la rage, d'être dans mon match. Intérieursport souvent me donne cette motivation, si j'en n'ai pas ce jour là ce qui est rare, très rare.

C'est un investissement énorme, comme un second travail. Et tu te sents par moment fatigué, épuisé mais comme je le disait au dessus, tu te sent vivant.

Je suis loin d'être un TOP coach. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je ne suis qu'au début de ma jeunes carrière. Mais je reste persuadé que je peux être un très bon. Il me manque, à mon avis, de pouvoir me former et apprendre ce Job. Car jusqu'ici j'ai appris beaucoup par moi-même, en lisant, en regardant des vidéos, en apprenant de mes coach. C'est moi qui par le culot obtient un stage à l'AJ Auxerre avec Johan Radet et Nobilo pour apprendre auprès des meilleurs.

Mais je veux progresser, m'alimenter de tout ce qui pourra me faire grandir et par la même occasion faire grandir mon équipe, mes joueurs. 

Tou cela est difficile à obtenir car j'ai une famille, un travail. Je ne peux pas tout quitter et mettre l'équilibre de ma petite famille en danger pour un rêve, un objectif. 

Le rêve :

J'aimerais avoir les moyens financier de me former. J'aimerais aussi avoir les moyens physique de passer mes diplomes mais cette Maladie de Crohn a été un frein et restes un frein dans ma progression. Je dois être au top physiquement et ça serais un trop gros risque pour ma santé de revenir au top.

Alors si un jour, un club pro pouvait me donner ma chance, me faire confiance rien que pour être d'abord recruteur. Je suis même prêt à laver les maillots ou couper les oranges des pros à la mi-temps si cela me permettait de pouvoir vivre de ma passion.

Je donnerais n'importe quoi pour avoir ma chance car je suis persuadé que je ne décevrais pas. Malheureusement, ce jour n'est pas encore arrivé alors je continue à bosser, à avoir du culot pour progresser... Et peut-être que Auxerre, Nantes, Sochaux ou un autre club me fera confiance.

En attendant ce jour je vais continuer à aider ce club de Nègrepelisse qui mérite cet investissement de ma part. Pour ces joueurs et les dirigeants que j'apprécie énormément.

On va être solidaire, on va y croire et on ira chercher les étoiles ensemble.

Teamekeke