téléchargement (1)téléchargement (2)

Nous sommes le samedi 14 mai 1994. Et voilà que ce soir c'est la seconde finale de Coupe de France pour mon club de coeur, l'AJ Auxerre. Auxerre, l'Yonne, la Bourgogne est bleue et blanche.

En 1979, je n'étais pas encore né lorsque nous avons perdus contre le FC Nantes après prolongation (4-1). Mais celle de cette année (1994), avec les copains on veut la vivre ensemble, on veut la gagner avec notre club.

Je ne veux pas revivre la déception de 1993 quand nous nous sommes fait éliminés en 1/2 finale de Coupe UEFA au pénalty contre Dortmund. Ce jour-là j'étais dans les tribunes, je pleurais tellement de voir mon club se faire éliminer si injustement et de voir Stéphane Mahé en si grande détresse après son pénalty arrêté par le gardien (0-2,2-0, 5-6 tab)

Non ce soir la Coupe est pour nous et Montpellier ne pourra nous l'enlever... Enfin je l'espère.

Avec les potes, Charles, Pierre-Henry dit Pépère, Romain et moi, nous nous sommes donné rdv chez Charles et Pépère. Cette finale on veut la vivre ensemble car on n'a pas pût aller au Parc-des-Princes.

J'arrive chez les copains. Romain est déjà-là. On a nos écharpes, nos maillots de l'AJA, on est prêt pour faire la fête.

On est tout excité, prêt à monter dans la chambre de Charles pour regarder le match lorsque Claude, la maman des frangins, nous dit "Si Auxerre gagne vous dormez tous à la maison, j'appelle vos parents. Dans le cas contraire vous rentrez chez vous". Trop bien, faut qu'ils gagnent comme ça on pourra fêter et dormir heureux.

Le match débute, on est stressé. On se ronge les ongles, on saute, on crie, on se met les mains sur la tête lorsque l'AJA rate les occasions. On est soulagé quand c'est Montpellier qui rate.

Nos joueurs préférés, nos idoles sont sur le terrain. Les Cocard, Vahirua, Martins, Charbonnier et j'en passe.

Quand on joue sur la place de la Mairie, avec comme but la porte de l'église, on se donne toujours le nom d'un joueur. Les plus populaires sont Cocard et Vahirua mais Verlaat, Martins voir Charbonnier pour notre gardien Cédric ont aussi la côte.

Nous sommes auxerrois et nos idoles sont auxerroises, pas Parisiennes, marseillaises ou madrilène. Pour nous les plus forts sont les bleus et blanc.

Voilà, une contre-attaque auxerroise, Saïb et Baticle s'enfoncent dans la défense adverse. Frappe de Baticle repoussé par Barrabet mais Saïb est là en embuscade pour ouvrir le score.

C'est la joie dans la chambre, c'est la joie dans les foyers auxerrois et c'est la joie à Mailly-le-château (notre village). On saute du lit lorsque le ballon entre dans le but, on s'embrasse et les accolades n'en finissent pas. On descend tous les 4 les escaliers en pierre pour aller dire à Claude qu'Auxerre avait marqué.

Mais je crois qu'au bruit que l'on a fait, elle a dû s'en douter.

On remonte, c'est la mi-temps. On se prend un petit encas et hop on repart pour la seconde mi-temps.

On est crispé mais en même temps enthousisaste. On chante "Auxerre c'est le Brésil, ils dansent la samba, ils vont de ville en ville gagner la Coupe de France", "Qui ne saute pas, n'est pas auxerrois ouais ! Ouais !", "J'ai vu joue Auxerre, j'ai vu gagner Auxerre, et c'est pour ça que mon coeur bat bleu et blanc, la la la la".

On est chaud bouillant. Voici Baticle qui double la mise. La Coupe est pour nous. Et maintenant Martins qui crucifie Barrabet et Montpellier (3-0). 

On va rester dormir, on va discuter AJA, et un peu gonzesses toute la nuit. On est heureux comme si c'était nous qui avions gagné le trophée. En même temps c'est un peu de nous qui était sur le terrain. On l'aime notre club, on l'aime notre équipe et on aime nos joueurs. Sans oublier Guy Roux.

Il n'y a que le sport, le football pour procurer autant d'émotion dans un même match. Le stress, la peur, la joie, la délivrance, le soulagement et les pleures.

Corentin Martins prend la Coupe on est prêt "Hooooooooooooooo !!!". Corentin soulève la Coupe et "Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiii". On chante "On est, on est, on les champions. On est les champions, on est les champions."

Auxerre ouvre son palmarès et ce n'est que le début. 

On n'aura pas la chance d'aller sur Auxerre pour fêter ça, on est trop jeune (14,13 et 12 ans) mais ce n'est pas grave le principal n'est pas là.

J'aurais une petite pensée pour Claude, qui nous a quitté il y a 4 ans. Je n'oublierais jamais ce moment, ni tous les autres où elle nous accueillie chez elle avec toujours beaucoup de plaisir. Alors d'ici je te dit merci en espèrant que tu le reçoive là-haut. Bises.

 

 

L'AJA Remporte la Coupe de France 1994