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Il y a des joueurs qu'on admire, qui nous font rêver lorsqu'on est petit. Moi, je suis né en 1981 et j'ai été bercé et nourri, pour ceux qui ne le savent pas encore, à la sauce AJ Auxerre. Mon papa, grand fan de football, m'a emmené voir mon 1er match à l'Abbé-Deschamps en 88-89. J'avais 7 ans et de ce jour je n'ai aimé qu'un seul club. Celui qui montre que la Bourgogne est bleue et blanche pour toujours.

Je débutais seulement comme mini-footballeur et très vite UN joueur m'a fait rêver, m'a donné envie d'être footballeur professionnel. Christophe Cocard.

Ceux de ma génération et pour les supporters auxerrois, Christophe Cocard est le frère jumeau (mais à droite) de Pascal Vahirua. Le joueur qui faisait référence à la philosophie Guy Roux et au schéma tactique du 4-3-3 devenu légendaire de l'AJ Auxerre.

Christophe Cocard c'est un attaquant, ailier droit, qui déborde, bouffe la ligne blanche et centre pour offrir des caviars à Canto, Kovacs, Baticle, Laslandes, Guivarc'h et Papin. Mais ce n'est pas que cela, c'est aussi un International français. Sélectionné pour l'Euro 92 par Michel Platini, qui marquera son unique but avec les bleus lors du France-Azerbaïdjan à l'Abbé-Deschamps l'un des 10 buts français (10-0)  pour la plus large victoire des tricolores à ce jour.

Papin, Maradona, Cantona des petits joueurs :

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Mais ça été surtout un joueur qui m'a fait vibrer, m'a fait rêver et qui était mon héros.

J'ai aujourd'hui 35 ans et lorsque que l'on me demande quel était mon joueur préféré enfant. Sans hésiter je réponds Chistophe Cocard. Les Papin, Cantona, Waddle ou Maradona j'en n'avais rien à fiche.

Quand on jouait au foot avec les copains de Mailly (Mailly-le-château) que cela soit dans la cour de l'école ou devant l'église on se donnait tous un nom de joueur. Evidemment, seul ceux de l'AJA existait à nos yeux. Et hors de question de choisir le même, on devait en avoir un différent. Avec mon pote JB c'était à celui qui disait "Cocard" le plus vite et le plus fort. Bon quand j'étais le moins rapide je choisissais Coco Martins ou Enzo Scifo, 'aimais bien Taribo West aussi.

Forcément quand tu es gamin tu souhaites pouvoir un jour rencontrer ton idole. J'aurais pût le voir après un entraînement mais on y allait jamais avec mon père. On ne roulait pas sur l'or et faire 30km aller-retour c'était beaucoup en frais d'essence pour nous. J'avais déjà la chance d'aller voir tous les matches de l'AJA à domicile. C'était notre sortie du mois. On n'allait jamais au cinéma ou à la fête foraine. 

En même temps j'étais heureux, je n'en demandais pas plus. Aller supporter mon équipe de coeur, la meilleure du monde à mes yeux, c'était déjà suffisant. 

Mon papa était gérant d'un centre de vacances à Mailly-la-Ville et l'été il faisait un repas chaque semaine pour les vacanciers. Un jour, un mercredi matin au mois d'août, mon papa entre dans ma chambre alors que je dors encore (il est 8h). 

Mon père "Kevin, je vais faire des courses à Cora pour la soirée moules-frites de ce soir tu veux venir avec moi ?"

Moi "Euh, oui."

Mon père "Ok, je pars à 9h. Si tu es prêt je t'emmène".

Je me rapelle de cette histoire comme si c'était hier. Cette journée va rester à vie dans ma petite tête de collégien de 12 ou 13 ans. On part donc faire les courses à Cora près de Monéteau. Rien de spécial. Comme à mon habitude je vais feuilleter l'Equipe et France Football pour voir si c'est assez intéressant pour que je claque mon argent de poche.

On marche tranquille avec mon père. Je l'aide, je vais chercher des courses pour gagner du temps. Et puis, en passant vite fait dans un rayon je crois croiser mon idole. Je repasse pour en être sûr. Eh, oui c'est bien lui. Putain ! Christophe Cocard en chair et en os. Je suis dingue mais je n'ose pas aller le voir, je ne veux pas le déranger. Il est en famille avec sa femme et son enfant je crois. 

Je marche vite, très vite pour rejoindre mon père.

Moi "Papa, papa. Y a Christophe Cocard dans le rayon Mayonnaise"

Mon papa "Ben va le voir"

Moi "Non, non il est en famille"

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On continue nos affaires lorsque mon Padre me demande d'aller chercher un truc. J'y vais tranquille lorsque d'un seul coup (j'en suis encore tout ému en écrivant) je vois arriver mon père avec mon héros à côté de lui. J'ai envie de partir en courant tellement j'ai peur, tellement je suis timide. Mais j'aurais l'air d'un con, et surtout je ne veux pas rater cette sublime occasion.

Christophe Cocard s'approche de moi et me dis "Ton papa est venu me chercher. Il m'a dit que j'étais ton joueur préféré ?"

Moi (timidement) "Oui"

Et là s'enclenche une discussion de plusieurs minutes. Je suis aux anges, j'ai les yeux grands ouvert et surtout les oreilles. Je ne veux pas en perdre une miette. J'ai le souvenir qu'il m'avait dit "Tu veux être joueur professionnel mais c'est très dur. Tu sais sur 30 ou 40 joueurs du centre de formation il y en 1 ou 2 qui réussissent à en sortir pro à l'AJA. C'est environ 7% des jeunes qui arrivent à être professionnel et pas tous en Première Division".

Là encore, c'est comme si c'était hier. Il me sert la main pour me dire au revoir et on se quitte chacun en famille. On part payer avec mon père quand je revois Christophe Cocard aux caisses. Je dis à mon père "Papa je peux aller chercher France Football pour lui faire signer un autographe ? Promis je te rembourserais".

Je cours le plus vite possible pour ne pas perdre de temps et rater cette griffe précieuse. Ouf ! J'arrive à temps, tout timide je lui demande de me signer le France Football où Chris Waddle est en couverture. Il me met "Amitié footballistique pour Kevin" et il signe.

Je rentre à la maison je suis comme un enfant de 3 ans avec son nouveau de GI Joe. J'explique avec folie et enthousiasme (genre à la Yohan Riou) à ma maman ce que j'ai vécu. Elle est heureuse pour moi. Mon père aussi qui m'offre le France Football avec grand plaisir. C'est le plus beau jour de ma vie.

Mais malheureusement quand on est ado on jette des choses qu'on regrettera plus tard. Qu'est-ce qu'on est con parfois. Je n'ai plus cet autographe ni le France Football que j'ai gardé planqué pendant de nombreuses années. C'était mon trophée. Si un jour je pouvais récupérer cet ouvrage et recroiser mon idole pour qu'il me le resigne je serais de nouveau un enfant des plus heureux. Une photo avec lui suffirais.

Quelques souvenirs footballistique :

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Je n'ai jamais été un attaquant mais j'aurais rêvé en avoir les capacités. Faut avouer que j'étais bien meilleur défenseur central ou milieu défensif même si j'avais une bonne petite technique.

J'observais ce joueur à chacun de ces matches que cela soit à l'Abbé-Deschamps ou à la télé. Il a joué pour l'Equipe de France mais n'étais pas un titulaire. En même temps quand tu as des Papin, Ginola, Bravo ou Cantona faut la trouver sa place.

J'aurais aimé qu'il joue et marque plus en sélection (9 sélections, 1 but). Lors de l'Euro 92, il entre contre le Danemark (futur champion d'Europe) pour 10 minutes et je suis persuadé qu'il va être le héros français. Malheureusement la France est éliminé au 1er tour.

Je me souviens de cette victoire 4-0 contre l'OM de Tigana, Papin, et Benckenbauer. Cocard ouvre le score en 1ère mi-temps puis l'AJA marquera 3 buts en seconde mi-temps. Une victoire qui scellera l'avenir du coach allemand sur la Canebière.

Il y aussi ce but en 92 lors de l'épopée européenne où l'AJA ira jusqu'en 1/2 finale (éliminé par Dortmund). C'est à Plovdiv, si je ne me trompe pas. Il déborde côté droit, passement de jambe, relais avec Dutuel ou Martins entre dans la surface avec 2-3 contres favorables et décoche une frappe lourde qui permet à l'AJA de s'imposer. Il fête son but en mimant qu'il a de grosse C..... comme pour dire qu'il a eu beaucoup de chance sur ce but.

Mais il a aussi été de la victoire en Coupe de France 94 et du doublé 96 avec Auxerre pour partir ensuite vers une nouvelle aventure, l'Olympique Lyonnais (96-99). Il sera malheureusement de la défaite historique de l'OL à Auxerre (7-0) en 1997.

Il finira sa carrière en Ecosse à Kilmarnock (99-2002).

Deux anecdotes ou légendes ?

J'ai toujours suivi ce qu'il faisait. Même après sa fin de carrière.

J'ai eu écho de deux anecdotes. Est-ce en fin de compte QUE des légendes ? Peut-être qu'un jour j'aurais la réponse.

En 1989, il va honorer sa 1ère séléction contre la Yougoslavie. Mais Guy Roux veille sur ces poulains surtout les plus prometteurs et Christophe en fait partie. Un jour l'homme au bonnet s'aperçoit que Cocard n'est pas très sérieux en-dehors du terrain. Alors pour le punir, il aurait appelé le sélectionneur (l'ancien 10 des bleus et de la Juve) pour que son joueur ne soit pas sélectionné et que cela lui serve de leçon. Il est fou ce Guy Roux. Est-ce vrai ou seulement une légende auxerroise ? Va savoir, avec Guy Roux tout était possible.

L'autre anecdote concerne l'époque où il jouait en Ecosse. Un sondage aurait été fait auprès des supporters du club pour savoir quelles équipes ils souhaiteraient  voir sous leur couleur. Eh, bien Christophe Cocard aurait été choisi dans le 11 type au côté de Ronaldo (le vrai, pas la playboy). C'est quand même GRAND. Nouvelle légende ?

En tout cas, il restera pour toujours le joueur qui m'a fait le plus vibrer et je le remercie pour m'avoir tellement fait rêver. Lira-t-il un jour ce post ? Ce n'est pas gagné à mon avis mais il est dans mon coeur pour toujours.

En tout cas il reste mon joueur préféré devant Canto, Taribo West, Djib et bien d'autres....

 

Article de So Foot

Mais que deviens-tu, Christophe Cocard ? - SO FOOT.com

Dans les années 90, Christophe Cocard était l'une des stars du championnat de France de Ligue 1, avec l'AJ Auxerre, puis, dans une moindre mesure, avec Lyon. Aujourd'hui, le bonhomme a 47 ans et gère un complexe de futsal. Rencontre. Il a fait les belles heures de l'AJ Auxerre des années 90.

http://www.sofoot.com

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