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En mars prochain j'aurais 36 ans. Putain 36 ans les mecs !!!

Je me rappelle de mes premiers pas avec un ballon, je me rappelle de tous les dimanches passés avec mon papa à le suivre quand il jouait. J'ai même le souvenir des entrainements à Mailly-le-château où j'échauffais le gardien Fanfan pendant que les autres coéquipiers de mon père faisaient des tours de terrains.

Et les moments dans les vestiaires. C’était bizarre de se doucher avec les adultes. Des kikis partout, lol !!!

Mes débuts timides

Puis j'ai eu l'âge de jouer. A 6 ans je débute à Mailly-le-château puis avec l’entente à Vermenton. Je joue avec mon pote Jean-Bapt. Je suis un petit arrière droit timide. A cette époque, on a une équipe de ouf ! On met des raclés a tout le monde. On va même en finale de la Coupe Prévelle de l’Yonne.

Un jour de match on a même mis le gardien avant-centre car c'était le seul à ne pas avoir marqué, victoire 19-0. Et mon premier but sur une montée. Un centre, je suis au 2ème poteau et bing ! Buuuuuuut !!!! J'en ai parlé pendant 1 mois. J’ai 9 ans.

A cette époque je ne pensais pas à mes 36 ans. C'était loin. 

Pour moi il n'y avait que le football dans ma vie, dans ma tête. Quand je rentrais de l'école, ma mère me disait "Ca été l'école ?", et moi lui répondre "Oui, oui. J'ai marqué 3 buts à la récré". A chaque fois je me faisais reprendre de volée "Mais je te parle de tes notes pas d’tes buts".

Chez mes grands-parents je jouais dans le couloir avec un ballon de baudruche ou une balle de tennis. Ils étaient coulent mon pépère et ma mémère. J'avais aussi deux GI Joe. Je prenais un dé du jeu du Yatzee à ma grand-mère qui faisait office de ballon et mes GI Joe jouaient des parties enflammées de foot.

Sans parler des vignettes Panini que mon grand-père m'offrait à chaque fois que je l'aidais à ramoner les cheminées.

Mon prénom est lié au foot. Je ne pouvais pas y échapper.

Mon papa a été un très bon joueur, bien meilleur que moi. Mon grand-père aussi était très doué, il a d'ailleurs eu deux convocations en U19 avec l'Equipe de France. Seulement, il était issue d'une famille de 15 enfants et à l'époque fallait payer les déplacements. Il a été convoqués pour des matchs en Pologne et Hongrie mais n'a jamais pu honorer ces sélections. Mon grand-père né en 1938, il n'y avait pas d'avenir dans le foot.

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Ma formation, progression intéressante

A l'adolescence je rejoins Courson-les-Carrières en suivant mon père qui en devient l'entraîneur principal. Mes potes me suivent JB, Charles, PH, Romain. J'arrive là-bas et je suis nul. En même-temps, je dis au coach que j’étais attaquant alors que j'ai toujours joué défenseur. Quelle idée débile !!!

C'est en -15 ans que je progresse fortement grâce à Bruno Gervais. L'entraîneur qui m'a le plus fait comprendre quel était mon réel niveau et surtout qui a cru en moi. Mais là où il a été génial c'est qu'il savait m'engueuler, me remettre en place sans que je me vexe ou fasse la gueule. Il savait me parler. J'aurais aimé l'avoir plus longtemps. Je pense que beaucoup l’adore et en garde un très bon souvenir.

Il me replace meneur de jeu. Je marque 5-6 buts, et je me souviens de quelques buts assez sympas. Malheureusement, pour me punir lors d'un tournoi National il me met en défense central. Je fais 2-3 bons matchs... Et je ne bougerais plus du secteur défensif.

Cet entraîneur est clairement un modèle dans son approche footballistique et dans la gestion des jeunes. Je pense toujours à lui quand je forme des joueurs.

Grâce à lui je progresse énormément.

Mon père, à l’époque, décide que les 15 ans 2ème année doivent s'entraîner avec les seniors et là aussi j'apprends. Bruno me rentre dedans (il est titulaire en A) et je comprends ce que je dois faire pour passer un cap. J'avais peur des duels, de mette le pied mais quand tu t'entraînes en senior tu dois y aller. Du coup, j'impose mon physique. Je respecte les anciens mais sur le terrain je veux progresser.

Ce travail paye en 2ème année de -17 où le FC Sens appelle à la maison pour que je les rejoigne et intégrer l'équipe première en Nationaux (enfin je crois). Mais je refuse. Je suis toute la semaine à l'internat à Sens, je rentre le vendredi à 21h et repart le dimanche à 16h. Je ne suis pas bien là-bas, j'ai besoin de ma famille et de mes potes. Repartir le dimanche à 7h ne m'intéresse pas car je sais très bien que je ne ferais jamais carrière. Et puis jouer avec copains Dim et Aymé ça me fait du bien.

Senior, la chute

Quand j'intègre l'effectif senior, je suis fier. Les anciens m'aident et m'encouragent beaucoup. Je joue le dimanche matin avec les -17 puis j'enchaine sous fausse licence avec l'équipe B senior pour jouer le dimanche après-midi. 

Mais j'enchaine les blessures et rate le coche avec l'équipe A malgré que les Fabi, Bruno ou Babate pensent que je vais intégrer plus souvent l'effectif. Mis à part 2-3 fois je ne reverrais plus ce niveau pendant 10 ans.

Je tombe malade peu de temps après et mon niveau va clairement baisser. Ma santé m'empêche de m'entraîner comme avant. Je suis trop fatigué, parfois trop faible et quand tu n'as pas le physique, la technique ne suit pas. Les jeunes arrivent et son très bon.

J'aurais la chance de faire deux matchs en Excellence avec Plombières-les-bains en 2011. Plus de 10 ans après je suis sur le banc et je suis fier. Je me suis tellement battu contre la maladie et couru après un retour. J'étais ému.

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Des regrets

Je sais que mon Crohn m'a empêcher de jouer là où j'aurais pût. Je n'étais pas un joueur de talent. Par contre, je savais bosser. Si j'ai atteint un certain niveau c'est en travaillant, en me battant et en aimant mon sport.

Quand à 10 ans, tu claques ton argent de poche pour étudier les schémas tactique dans L'équipe, suivre les interviews dans France Football et Onze Mondial pour mieux comprendre, tu sais que t'es un peu fou. Les autres s'achètent bonbons et jouets, moi non. Je me fais d'ailleurs engueuler par les parents qui ne comprennent pas.

Ils interviennent auprès de ma prof de français pour m’inciter à lire de livres, « Laissez le lire ces journaux de foot, au moins il lit. ». Petite victoire.

Je me passionne pour les entrainements et je commence à préparer des entraînements sur un cahier (j’ai 13 ans) plus tard je donne de temps en temps à mon avis à mon père sur ces choix tactique, de joueurs. Il a même écouté certaines suggestions de ma part. 

A 15 ans j'encadre les débutants. Le football est une passion mais je travaille pour comprendre, analyser et être meilleur. A 36 ans, je le fais toujours. Je me remets toujours en question. J'aime apprendre.

J'ai beaucoup de regrets. Je regrette de ne pas avoir la santé pour continuer à jouer. J'aimerais tellement montrer à mes enfants que leur papa a été un bon joueur. Que je sais mettre en pratique ce que j'explique. 

Je sais que j'aurais pût faire mieux. J'étais un joueurs d'anticipation, assez bon de la tête et endurant. Je ne pourrais revenir en arrière mais parfois je suis triste de ne pas avoir pût continuer.

Le Projet

Quand je suis sorti du coma j'ai cru ne plus pouvoir entraîner, ne plus pouvoir jouer ou taper dans un ballon. Et puis je me suis dit "Attends, tu as failli mourir. Tu n'as jamais rien lâché. C'est pas maintenant que ça va commencer".

Du coup, je vais tenter un nouveau Come-Back dès que je serais en capacité physique de courir puis d'encaisser les chocs. Mon objectif est de prendre du plaisir sur le terrain et de montrer à mes gosses que même dans les moments les plus durs le travail paye toujours.

Je vous l'assure j'y arriverais... Au moins pour Emma et Eden. 

L’envie de reprendre une équipe commence à me manquer aussi.

En attendant, je fais des interviews, des articles pour mon blog et foot 82. Cela me permet de rester au contact du foot, de rencontrer des gens sympathique.

Même sur ce point c'est difficile. Les médecins ont décidés que je n'étais plus en capacité de continuer mon métier. La seule solution, si je veux travailler, est de continuer dans le journalisme. Mais qui voudra de moi ? Est-ce que j'en serais capable ? Suis-je au niveau ? En tout cas c'est ma seule opportunité d'avoir une activité professionnelle.

Je me suis battu toute ma vie pour atteindre mes objectifs (perso, pro et foot). Je n'ai pas fait d'étude et là encore j'ai travaillé énormément pour être capable de faire des articles. Les fautes étaient mes amies. Alors on verra. 

Quand comme moi tu passes à deux doigts de mourir (janvier 2016), que tu n'arrives plus à marcher, écrire et parler alors tu comprends au combien les choses les plus simple sont les meilleures. 

J'étais un enfant "Bon à rien" et "Que va-t-on faire de lui ?". Et même si je préfère rester humble, j'avoue que je n'ai pas démérité.

Si j'ai un conseil à donner. Il faut croire en vous, écouter les autres et travailler. Sur un terrain ou dans la vie ça fonctionne comme ça.

Je le répète, je reviendrais... Et pas pour faire de la figuration. Jamais je ne lâcherais, même après 12 opérations, 1 coma (1/10 de vivre), 1 gangrène (à deux doigts de l'amputation) et un tas d'autres trucs pas très cool.

Je montrerais encore une fois que j’ai de la ressource et du cœur.

I'll be back