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Ceux qui me lisent et me connaissent depuis longtemps, savent de qui je vais parler. Ce n'est pas la première fois que j'évoque cette petite dame par la taille, mais immense par sa générosité et sa gentillesse.

Eliane Gillet (au dessus), est né en 1908 et décédée en février 2006. Hier, c'était son anniversaire (le 12 mars), comme moi, Jordan Adéoti ou Lucien Denis. Cette personne dont j'avais 73 ans d'écart a énormément compté dans ma vie et pour me permettre d'évoluer en tant que jeune totalement perdu. Notre lien n'est pas seulement du fait de notre date d'anniversaire commune mais surtout par la passion qu'on avait pour l'AJ Auxerre.

Elle a été la plus vieille supportrice de l'AJA, en allant au stade jusqu'à ces 96 ans. Je l'emmenais (sur la fin) en tribune G où elle avait ses habitudes, où tout le monde la connaissait. Une femme discrète qui ne faisait pas de vague et qui encourageait toujours les joueurs même quand c'était difficile dans les résultats. Elle a connue l'AJA depuis la DH et était fan absolue de Franck Verlaat et de Lionel Charbonnier. Des anecdotes, des histoires elle m'en a compté des tonnes sur sa vie, sur la guerre, sur l'AJA où le football. Mais la chose qu'elle m'a apprise le plus c'est d'avoir confiance en moi, c'est de croire en mes capacités, de ne pas douter de moi et de me battre à chaque instant.

Cette petite dame m'a aidé de façon incroyable. Je lui dois beaucoup dans ce que je suis devenu. Je l'ai rencontré par hasard, quand on a déménagé à 50 mètres de chez elle à Mailly-le-château (89). On a appris à se connaître et on est devenu des amis avec 73 ans d'écart, un petit fils qu'elle n'a jamais eu et une grand-mère que j'avais mais trop loin. Cette femme je l'aimais au point que chaque jour, sans exception en sortant de l'école j'allais la voir. Que cela soit en après l'école primaire, le collège ou le lycée. La première chose que je faisais c'était d'aller la voir. Je me posais avec elle, on discutait de l'AJA mais aussi de l'actualité et je l'écoutais me sermonner quand j'avais eu de mauvaises notes ou que j'avais répondu à ma mère. On lisait l'Yonne Républicaine et c'est là où j'ai commencé à me cultiver, grâce à elle. 

Souvent en rentrant du collège de Courson-les-Carrières, je jetais mon sac dans la cuisine et je partais sans même embrasser ma mère, pour aller a voir. Quand je suis allé au lycée de Sens je rentrait trop tard le vendredi soir mais dès le samedi matin avant de déjeuner j'allais lui dire bonjour et la dernière chose que je faisais le dimanche c'était d'aller lui dire au-revoir. On se posait tranquillement, elle, avec un thé et des spéculos, moi, avec un coca et des petits princes ou des madeleines en chocolat de chez Mistral.

Elle était exceptionnelle, elle m'a offert mes premières baskets de marque aux couleurs de l'AJA évidemment. Comme je dis, je pourrais vous raconter des tas d'anecdotes. Celle qui m'a le plus fait sourire c'est celle-ci...

Un jour elle me demande "Pourquoi tu préfères des Nike à des chaussures  qui ne sont pas de marques ?". Je lui explique en gros qu'on est mieux dedans, plus à l'aise. Trois jours après en allant avec ma mère sur Auxerre faire des courses, elle s'était acheté des Nike rose et blanche "T'as raison mon ptit Kevin, je suis comme dans mes pantoufles". Et comme chaque matin, elle partait marcher ces 4-5 kilomètres mais cette fois avec ses Nike aux pieds. On partageait, on s'écoutait. Je ne suis pas sûr que mes potes, mes amis avaient connaissance de ce lien affectif avec Eliane. Mais c'était mon truc, mon histoire, pas un secret mais quelque chose à moi.

Eliane était une supportrice incroyable de l'AJA. Ce ballon que vous voyez sur la photo m'a été offert par sa famille et je l'ai offert à ma fille. Cette femme que j'ai pleuré en 2006, je lui ai donné son prénom (le troisième) à ma fille (Emma, Joëlle, Eliane). Ce ballon de 1993, je l'ai aussi prêté à l'AJA pour son centenaire, prenez en soin svp. 

Ce que je regrette c'est que lors de ces 85 ans, et je vais casser un mythe (ou pas), Guy Roux a refusé d'offrir sa carte de cluber à cette dame qui venait encore au stade. Pour un coût de 2500 francs mais elle était si gentille que cela ne lui a rien fait "Ils peuvent pas offrir ça une vieille personne comme moi, et puis ils en ont besoin de cet argent"... Monsieur Jean-Claude Hamel l'avait reçu (j'y étais), après un match pour qu'elle rencontre ses joueurs. Elle était comme une enfant, comme moi en fait. Attention cela n'enlève en rien le respect que j'ai pour notre Guy Roux national mais ça rajoute un peu à sa légende (rires).

Je pourrais écrire 10 pages sur cette dame. Anastasio originaire de Mailly-le-château et Dominique Cuperly lui avait fait la surprise de venir chez elle, pour lui offrir un ballon dédicacé par les joueurs (Cocard, Vahirua,...). Si je suis devenu éducateur et que j'essaye de donner confiance aux jeunes, aux gens c'est sûrement grâce à elle car elle a su avoir la bonne psychologie avec moi, être à l'écoute. Elle savait me botter le cul et m'encourager quand il le fallait. Je vais essayer de me reconvertir dans la préparation mentale dans le sport et je pense que c'est la suite logique après mes ennuis de santé ainsi que pour continuer mon travail d'éducateur en quartier que je ne peux plus faire.

C'est ce genre de supporters, de supportrices qui existent à l'AJA encore aujourd'hui. On se saigne pour s'acheter le maillot, pour payer nos places, pour aller vous voir les gars et on souffre car on ne changera pas de club, c'est NOTRE club jusqu'à la mort... Comme pour Eliane (vous voyez le fanion accroché dans son salon). Notre coeur est bleu et blanc comme le sien l'était. Je serais fier et heureux si un jour le club lui rendait un petit hommage avec par exemple son nom à sa place qu'elle avait à l'époque où avoir un son nom lié aux féminines de l'AJA. Quand même une femme née en 1908 et qui a été à l'Abbé-Deschamps jusqu'à ses 96 ans (même si à la fin elle regardait pas forcément au bon endroit), je ne pense pas qu'il y en ai eu deux comme elle.

Je voulais lui rendre hommage car elle aurai eu 111 ans hier et puis le 12 mars, l'AJA a quand même des légendes (rires) Eliane, Moi, Lucien Denis, Amdy Faye et Jordan Adéoti... Une belle brochette de vainqueurs, non ?.

#MerciJames #LaBourgogneEstBleueEtBlanche #TeamAJA #MerciFrancis