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"Mais vous êtes fou ?"

"Ho Oui !"

Voilà la chanson de Benny B qu'on devrait dédier aux entraîneurs...

On ne peut pas mettre de côté l'influence du monde professionnel sur le monde amateur. Que ce la soit dans le comportement des joueurs, dans les discours ou les tactiques des coachs voir même sur les possibles décisions et attitudes de chacun. Sauf que dans le monde amateur, on reste pour la plus part bénévole, que nos femmes et nos familles composent avec la passion qui nous anime chaque semaine et chaque week-end. 

J'ai repris cette saison une équipe senior après 4 ans loin des adultes et trois ans avec la jeunesse montéchoise. Ce retour n'est pas simple pour plusieurs raisons. Déjà je dois me remettre à coacher un peu différemment car entre des jeunes et les seniors on ne peut pas tout reproduire, c'est également une gestion de groupe différente mais aussi car pour la première fois je gère une équipe réserve. Cela me va bien mais il faut composer avec un groupe qui évolue chaque week-end et cela ne me permet pas de progresser à la même vitesse qu'un groupe 1. C'est nouveau pour moi.

Mais c'est un challenge intéressant, difficile, mais intéressant. Je me suis toujours remis en question et là encore plus. Je vis le début de saison le plus compliqué depuis que j'ai débuté comme coach. Je ne suis pas du genre à lâcher ou à abandonner, je sais que le club me fait confiance, je pense que les dirigeants également, les joueurs aussi et je sais où je veux aller avec eux. Le démarrage est difficile mais j'ai confiance au groupe...

Ce n'est pas simple de faire abstraction de certaines critiques. J'ai l'habitude et il faut être solide pour coacher car on est forcément, même lorsqu'on gagne, sous le feu des critiques. Beaucoup de monde, soit disant, ferait mieux que n'importe quel entraîneur mais bizarrement la plus part ne le sont pas. Regardez Didier Deschamps, champion du monde, et 24 heures après certains critiquaient le jeu des bleus. C'est un rôle ingrat, un rôle observé pour le plus souvent se faire découper. Moi, je suis content quand les collègues réussissent. Tout va trop vite, un week-end tout roule et le suivant t'es la plus grosse daube du monde. 

Je suis trop sensible ou émotif pour vouloir du mal à quelqu'un parce que je sais au combien cela peut faire du mal. Je suis un garçon expressif et cela l'a toujours été. Très souvent je l'utilise comme une force et parfois ça m'affaiblie. C'est la vie on ne me changera pas, je suis comme ça et on m'apprécie pour ce que je suis avec mes excès de langage. Nous sommes tous différent et faut savoir l'accepter. Les autres qui ne l'acceptent pas alors tanpis pour eux. C'est très facile si on ne veut pas être critiqué alors on ne fait rien. J'aime être éducateur, être entraîneur. 

J'aime cette pression avant un match. Sentir arriver le match dès le mercredi, imaginer les scénarios, réviser son spitch pour motiver ses troupes. Essayer petit à petit de rentrer dans mon match. La veille du match je dors peu, le samedi aprèm je fais une petite sieste avant de mettre sur papier mon discours, ma compo, et les consignes tactiques. J'aime cette adrénaline, ces heures avant de rentrer dans le vestiaire où je mets la musique qui bouge dans les oreilles en me révisant les phrases et les mots qui doivent faire mouche avant qu'arrive les doutes. Est-ce que je fais bien passer mes messages, ma motivation ? Est-ce que les mecs adhèrent et est-ce que cela va permettre de les aider à remporter les 3 points ? Impossible pour moi de faire abstraction de toutes les données mais jamais je doute de ce que je fais. Si je fais des choix c'est que je suis persuadé que ce sont les meilleurs. 

Être coach amateur n'est pas facile et c'est parfois aussi prenant que d'être professionnel. On fait les choses avec le coeur, avec passion mais on n'est pas toujours récompensé de notre investissement. 

La conclusion ? Faut être fou pour être entraîneur... Et passionné que l'on soit pro ou encore plus amateur.

Prenez soin de vous

Peace

Kev