Vendredi 14 juin 2019

IMGP1818

Je voulais faire un post sur le football féminin et l'émission « L'équipe du soir » m'a donné le sujet, m'a donné la trame.

Ce soir (jeudi 12 juin 2019), certains consultants et journalistes, dont le footballeur Olivier Rouyer, émettent des doutent sur la popularité du football féminin et même soit disant « Qu'il est difficile de faire venir les filles » d'après Damien Degore. Peut-être dans son club ? Peut-être chez vous ?

Il serait intéressant que les personnes se renseignent, que les médias explorent plus loin que la région parisienne ou ses départements voisins.

Je prends l'exemple du Tarn-et-Garonne où Daniel Tristan et Romaric Arnon (Responsable technique) se sont battus, contre les préjugés et les avis contraire, pour enlever la mixité dès les U8. Beaucoup ne croyait pas en cette idée et pourtant on s'aperçoit que cela fonctionne, et même très bien.

Je parle en connaissance de cause car je suis papa d'une petite féminine qui a débuté avec les garçons et je suis également responsable d'une école de foot à Montech (82).

Dans notre club, nous sommes passés de 5 féminines en 2014 à 75 en 2018 avec la création d'une équipe senior en 2019 ? Cela devrait nous permettre d'atteindre la centaine de filles.

Elles apportent une vraie dynamique et une vraie plus value à notre école de foot. Il n'y a plus d'un côté les garçons et d'un côté les filles. On s'entraident, on s'encouragent que cela soit les éducateurs ou même les jeunes. On réalise des actions communes en lien avec le PEF (Projet Educatif Fédéral)

Mais pourquoi cela fonctionne ?

Je vais prendre l'exemple de ma fille Emma, qui va passer en U10 et entamer sa 4ème saison. Elle a commencée avec les garçons en U7 où au début cela s'est bien passé mais en fin de saison les garçons se moquaient et lui en voulaient quand l'équipe perdait. Les garçons sont plus compétiteurs et durs entre eux, même à l'école elle avait des réflexions. Si le District n'avait pas enlevé la mixité, elle aurait arrêté mais du coup en montant chez les féminines elle a continuée.

Au bout de sa seconde saison, elle embarquée 4 copines qui vont continuer et a comme modèle l'ancienne capitaine d'Albi et du TFC, Anaïs Arcambal et adore Valérie Gauvin (avant-centre de l'équipe de France). Elle connaît autant les joueuses féminines que les joueurs garçons.

Beaucoup de jeunes filles viennent jouer au foot comme Emma pour s'amuser et pas se faire moquer par les garçons. Entre elles, elles progressent, s'encouragent et rigolent. Même chez nos U15 et U18 l'état d'esprit est différent et je prends un très grand plaisir à aller les voir. Elles détestent perdre mais à la fin du match elles se regroupent au centre du terrain et chantent quand même. Vous voyez cela chez les garçons ? Ben non, trop sérieux. Ils veulent tellement devenir les meilleurs qu'ils en oublient la base, le Plaisir. Et je ne parle pas des parents qui voient en leur fils le futur Mbappé.

Alors oui, le niveau est peut-être moins élevé mais est-ce que le niveau D3 ou D4 chez les garçons est plus intéressant ?

Autre petit bémol, si cela en est un, qui est pour les filles qui sont au-dessus techniquement. Dans notre club, certaines sont vite trop forte par rapport au groupe et ne progressent plus. Elles préféraient jouer avec les garçons. C'est pour cela qu'elles partent à Montauban ou à Toulouse pour progresser. A ce jour, on a une fille, Camille Pecherman qui a joué chez nous et est gardienne au Paris FC (D1) et en équipe de France U20. On a également 2 joueuses en sélection et 3-4 joueuses en section sportive.

Je me battrais toujours contre ceux qui pensent que le football féminin est moins intéressant que le football masculin. Il est seulement différent. Et j'ai tendant à penser que dans n'importe quel match il y a des choses a retirer, à observer. Le district du Tarn-et-Garonne est pionnier dans sa manière de fonctionner et de mettre en valeurs le football chez les filles. Au final, Emma a refuser d'arrêter le foot quand ma femme essayait de la mettre à la musique. Même, elle, ma femme pourrait intégrer l'équipe senior. Sa fille l'encourage et est fière de sa maman en la regardant. La qualité, le niveau est secondaire alors que l'état d'esprit est prioritaire.

Les garçons devraient un peu plus prendre exemple et aller au bord des terrains féminines que de critiquer ou de minimiser ce beau football. Je suis prêt à devenir un porte parole s'il le faut. Et la Lades Cup à Toulouse avec le Bayern, le PSG, City, Chelsea ou Lyon c'est pas un beau tournoi ? Les médias ne le couvrent même pas sauf footpy ou La dépêche.

J'invite les médias et la Fédération Française de Football, quand vous le souhaitez, à Montech pour échanger et partager notre expérience dans le même objectif, rendre nos petites heureuse sur un rectangle vert et développer le foot féminin.

 

 

Kev